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mercredi 11 novembre 2015

L'air du temps

Ah, ce cher temps. Il nous file entre les doigts, il nous presse ou bien il passe trop lentement. On le tue, on le perd, on le prend... Il est omniprésent. Le Devoir a publié une série d'articles sur le sujet en fin de semaine dernière. À lire.

J'écoute souvent, lorsque je travaille, des émissions de radio en baladodiffusion. À « L'autre midi à table d'à côté », Lise Dion a confié à Marie Laberge qu'elle s'est rendue, une fois, aux Îles-de-la-Madeleine pour un spectacle. En arrivant, elle a demandé l'heure à un homme. Le Madelinot lui a répondu, (probablement avec son charmant accent): «Ici, on n'a pas l'heure, on a le temps.»

J'ai appuyé sur pause, j'ai noté la citation, puis je l'ai écrite à la plume.

- un Madelinot

C'est drôle, dans un pays comme la Suisse, avec tous ces fabricants de montre, les cloches des églises qui sonnent aux quarts d'heure, les trains qui arrivent et partent à la minute exacte, on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas l'heure, pour ça, ils l'ont. Cela en est presque une obsession. Pourtant, ils ont aussi le temps. J'ai déjà parlé du fait que les commerces sont fermés le dimanche. Un autre exemple m'a fait sourire cette semaine, au cinéma. À la moitié du film, il y a une pause! Le film s'arrête, les lumières s'allument, et on peut en profiter pour aller à la toilette, faire le plein de breuvage ou de maïs soufflé, fumer une cigarette si on est un fumeur, mettre à jour son statut Facebook, c'est comme vous voulez! Au cinéma où nous étions, il y avait des petites questions-quiz à l'écran (toujours bon pour améliorer son allemand en plus de sa culture générale!), et même un extrait de La linea! Ça nous a rappelé des souvenirs du bon vieux temps! Hihi!




En complément, une vidéo de La Linea (mais seulement si vous avez le temps...) ;)


mardi 17 février 2015

Carnaval, Mardi gras, Carnaval!

C'est toujours sympathique, d'avoir des nouvelles du Québec via les journaux d'ici.


Nous savons que vous avez un rude hiver, cette année. Cela ne semble cependant pas décourager ces joyeux carnavaleux!

Parlant carnaval, c'est aussi la saison ici, ce qui marque notre deuxième anniversaire en terrain Suisse. Ça me fait tout drôle de relire mes billets des deux dernières années (ici et ici) traitant du sujet. Le temps file à vive allure! Nous avons renouvelé nos permis de séjour pour une autre année et je vous invite à continuer à nous suivre dans nos aventures!


mardi 18 novembre 2014

Comment donner de l'importance à son client

J'expérimente ici quelque chose que je n'ai jamais vraiment vécu avant: un sentiment de valorisation en tant que cliente. Une espèce de retour d'ascenseur de la part d'institutions qui ne se contentent pas seulement de prendre mon argent. Elles souhaitent m'offrir un service de qualité, avec, en prime, de petits extras.

Parmi ces extras, des magazines, que je reçois de façon trimestrielle. J'en reçois de ma compagnie d'assurance maladie ainsi que de ma banque. J'étais très surprise, la première fois que j'ai trouvé ces magazines dans ma boîte aux lettres. J'étais encore plus surprise de constater que les magazines offraient un contenu réellement intéressant! Je me suis même dit que j'aimerais bien écrire ce genre d'articles pour eux.

Les sujets couverts sont variés. Plusieurs sont rattachés au domaine de la santé ou de l'économie, cela va de soi, mais j'y découvre également des suggestions de randonnées et des lieux à visiter. J'en apprends également sur les habitudes de vie des Suisses, car ces articles sont remplis de statistiques intéressantes.

Encore mieux, j'ai même trouvé dernièrement dans mon courrier une tablette de chocolat, adressée à mon nom, toujours par ma compagnie d'assurances! C'est tout simple, mais tout gentil. Une douce attention... je crois que je vais renouveler avec eux l'an prochain :)

Regardez la page couverture de CSS. Franchement, ils ne pouvaient pas plus tomber dans mes goûts!


dimanche 23 mars 2014

La fin d'un cycle et le début d'un autre

J'ai hésité à le faire, puis je me suis dit que non. J'aurais pu célébrer mon «bloganniversaire» le 31 décembre dernier, mais le temps des fêtes a finalement eu raison de moi. Il y a ensuite eu la vraie date, celle où nous avons traversé l'océan, le 13 février. J'ai réalisé que je n'avais pas envie d'en faire tout un plat, ni même une fête. Un brin nostalgique, vous me direz? Oh oui! Entièrement!

Mais, bon, la vie étant ce qu'elle est, c'est à dire continuellement en train de continuer, il faut bien l'accepter. Alors voilà, c'est fait et c'est vrai, nous sommes ici depuis maintenant plus d'un an et nous commençons à revivre et revoir des choses pour une seconde fois.

C'est le cas, par exemple, du carnaval de Horgen. L'année dernière, nos nouveaux concitoyens ont fêté en grande pompe et ils n'ont pas raté l'occasion de le faire encore une fois. Les chars étaient tout aussi extravagants, les confettis, aussi abondantes. Ne manquaient que la neige et le froid, ce dont nous ne nous plaignons pas!

Des musiciens morts-vivants...

Je ne sais pas ce qu'on gagnait, mais il y avait de nombreux participants!

La statue de Horgen en manteau d'hiver. L'an dernier, ils l'avaient vêtue de rouge.

Je peux maintenant vous dire que le carnaval s'appelle ici «Fasnacht» et qu'un défilé se dit «Umzug» en allemand. Le plus réputé est celui de Bâle, quoique celui de Lucerne vaut également le déplacement, à ce qu'on en dit. Je n'ai pas eu la chance de le constater de mes propres yeux... peut-être l'an prochain!

*Aussi: notre cour intérieure pendant une année.


mercredi 18 septembre 2013

Parlons conversions

Vous vous souvenez peut-être de mon anecdote racontée en début d'année, portant sur la graisse végétale. Non, je ne vous parlerai pas encore une fois de Crisco, mais je reste dans la thématique de la popote.

Je me suis départie de plusieurs de mes ustensiles de cuisine en janvier dernier, en me disant que je rachèterais tout de l'autre côté. Quand je dis «plusieurs», je veux dire pas mal tout; même mes tasses à mesurer.

Je n'avais pas pensé qu'en Europe, la cuisine se fait au poids et non à la mesure. J'ai eu beau cherché des tasses à mesurer dans les boutiques de cuisine, je n'en ai jamais trouvé, ça n'existe simplement pas.

Oh! Ces chères tasses à mesurer, ce qu'elles m'ont manqué! Non pas que je mesure tout, mais pour les desserts, ça s'avère plutôt essentiel.

Je me suis alors procuré un livre de recettes de gâteaux.


«Gâteaux fastoches», je me suis dit que c'était un bon début pour apprivoiser les grammes. J'ai développé un fonctionnement pour peser ma farine, mon sucre, mon beurre, mes oeufs, alouette, et le tout, sans salir trop de vaisselle. J'ai découvert que la poudre à pâte s'appelle la «poudre à lever» et qu'elle se vend en sachet. Je me suis aperçue que les recettes d'ici n'utilisent pas de bicarbonate de soude. J'ai appris à utiliser mon nouveau four après avoir brûlé mon premier dessert (un clafoutis) et réalisé qu'avec la convection, il faut réduire ET la température ET le temps de cuisson.

En trois langues. Ma préférée, c'est l'italien! Du sucre «à vélo» ;)
Bref, j'ai bien appris... mais honnêtement, je n'ai pas réussi à y trouver grand plaisir. Probablement qu'avec davantage de pratique et de persévérance, je réussirais à retrouver mon naturel. Au lieu de cela, j'ai flanché: j'ai acheté, lors de mon passage cet été, chez Canadian Tire, de toutes nouvelles tasses à mesurer (et ça m'a fait très plaisir)!

J'ai remis «Gâteaux fastoches» dans l'armoire et j'ai ressorti mes bonnes vieilles recettes. J'ai trouvé du bicarbonate de soude (en sachet, évidemment). J'ai fait des tartelettes au citron (pour la première fois) bien mesurées et qui se sont avérées délicieuses. Formidable!

Cette recette provient du Magazine Ricardo, volume 11, no 7

lundi 9 septembre 2013

La rentrée

C'est la rentrée!

On jette un dernier regard à nos vacances qui sont bel et bien terminées pour se retourner et voir l'automne poindre à l'horizon.

Qu'est-ce qui vous attend pour l'automne?

De mon côté, je vous tiendrai au courant de mes progrès en allemand. Je continuerai l'exploration du territoire à travers mes visites de villes et de villages. J'en profiterai pour me familiariser davantage avec Zürich pour ensuite vous partager mes coups de coeur. Il sera aussi question de tricot, de lecture et d'essais culinaires.

Et des voyages? Ça reste à voir. Il est possible que nous concentrions nos efforts sur les beautés de la Suisse pour les mois à venir.

Les prochaines semaines défileront à toute allure, j'en suis certaine. Ce sera formidable!

À bientôt! ;)

À la gare de Horgen

lundi 2 septembre 2013

Combien ça coûte?

On dit que la Suisse coûte cher. Est-ce bien vrai?

Mon intuition et mon porte-monnaie vous diraient à première vue que oui! Parce qu'il s'agit de notre première année ici, nos statistiques personnelles sont biaisées, à cause de tout ce qu'on doit acheter pour remplacer ce qui est resté de l'autre côté de l'océan. Peut-être bien, mais...

Certains m'auront peut-être déjà entendue raconter la première fois où je suis allée chez le coiffeur à Horgen. Petite coupe de routine, rien de trop compliqué. Au moment de payer, le coiffeur dit le prix: «C'est 75.»

«Pas si mal,» me suis-je dit, seulement dix de plus qu'à San Francisco. Non, j'avais mal compris: C'était 115 *CHF (129,96 $ canadiens). Ayoye. Je me demande bien combien cela peut-il coûter pour une teinture... 500 francs?

J'ai raconté cela à mon ancienne coiffeuse au Lac-Saint-Jean, cet été. Elle a bien ri. Personnellement, je riais encore plus lorsque j'ai payé: 21$. Je lui aurais donné 100$ de pourboire que ça aurait été malgré tout moins cher qu'en Suisse!

Pour satisfaire votre curiosité, j'ai noté le prix de quelques denrées de base, que j'ai traduit en dollars canadiens. J'ai ensuite consulté le site de IGA, pour comparer les prix de la semaine:

                                                             Chez Migros!                             Chez IGA!

Bananes                                             2,80CHF/kg (3,16$)                          1,30$/kg
Lait entier (3,25%)                             1,80 CHF/litre (2,03$)                       1,82$/litre
Céréales Corn Flakes                       4,60 CHF/ boîte de 375g (5,20$)       3,00$/boîte de 470g
Beurre                                               2,95 CHF/250g (3,33$)                      2,20$/250g
Jambon cuit                                       30,00 CHF/kg (33,90$)                      28,50$/kg
Steak haché                                       17,00 CHF/kg (19,21$)                      11,70$/kg
Poitrines de poulet                             33,00 CHF/kg (37,29$)                      17,60$/kg
Filet de porc                                       58,50 CHF/kg (66,11$)                      15,40$/kg

C'est lorsqu'il est question de viande qu'on écarquille les yeux. Je peux vous dire qu'on finit nos assiettes...

On débourse plus pour pas mal tout: les restos, les vêtements, les assurances, le loyer, etc. Après un moment, on se fait à l'idée, on arrête de comparer, de faire attention à tout, et on recommence à vivre!

Pour se consoler, on peut toujours se procurer une bonne palette de chocolat. C'est ce qui est le plus abordable (ainsi que les couteaux Victorinox, mais, bon, je ne commencerai pas à les collectionner...) !

Bonne journée! xxx



*CHF: abréviation pour franc suisse CH = Confédération helvétique, F = franc. On rencontre aussi l'abréviation SFr, pour franc suisse. Pour plus d'informations, lire ceci et cela.





mardi 2 juillet 2013

Mon centre de tri

J'ai à coeur le recyclage. Je n'aime pas jeter inutilement. Ni gaspiller (j'ai également à coeur le compost).  À San Francisco, j'empilais les sacs en plastique pour ensuite aller les porter à la quincaillerie, qui les recyclait de façon appropriée, car la Ville ne le faisait pas.  Quand nous avons quitté, j'ai presque fait capoter Francis, tant je ne voulais rien mettre à la poubelle sans être certaine de pouvoir en disposer correctement (je peux vous faire faire un tour du site Internet de gestion des déchets de San Francisco; je le connais par coeur). Je suis de cette catégorie de «recycleuses.»

Cela dit, je l'avais plutôt facile, avec mon gros bac bleu. En Suisse, le tri des déchets se fait... à la maison.

En allant nous enregistrer à la commune en février dernier, on nous a remis un guide de gestion des déchets (en allemand, que je continue d'ailleurs à déchiffrer).

Abfallkalendar : calendrier de la collecte des déchets

Une journée par mois, le papier et le carton sont ramassés, à des dates distinctes. Le tour du métal vient aux deux mois et la vaisselle cassée, aux trois mois (vous avez droit à quatre chicanes de ménage par année).

Les bouteilles en verre doivent être déposées à un endroit spécial dans la ville, selon leur couleur (brun, vert, transparent). Les bouteilles en plastiques doivent être rapportées à l'épicerie et triées selon si elles contenaient du lait (plastique blanc) ou du jus ou de l'eau (plastique transparent).

Les bornes dans lesquelles sont déposées les bouteilles.  Alu/Dosen est pour les canettes en aluminium et les boîtes de conserve. Derrière, une borne pour les bouteilles en verre vert.

Ce n'est pas tout. Le papier et le carton qu'on met au chemin doit être ficelé en beaux petits paquets. Puis-je vous dire que j'en ai passé, des heures, à tailler nos grosses boîtes en carton en morceaux facilement maniables !


Cette corvée conscientise, responsabilise et humanise. En effet, je n'ai jamais autant pensé à ceux et celles qui travaillent dans les centres de tri, particulièrement ceux du Québec, qui trient tout ce qu'on «garroche» joyeusement dans notre bac. Leur travail est admirable et je leur lève mon chapeau.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce sujet passionnant, je vous invite à regarder ces vidéos produits par la Ville de Québec:

Vidéo 1 : La récupération des plastiques
Vidéo 2 : Des intrus dans votre bac

Comme je sais que mon audience habite principalement « pas à Québec, » voici la liste des items à mettre et à ne pas mettre dans les bacs bleus du Lac-St-Jean. Pour éviter la chicane avec le Saguenay, voici la vôtre (avec, en prime, la belle face de Jean Tremblay, ma gang de chanceux ! )

Et tant qu'à faire, voici le guide pour les amis de Montréal...
... et Vancouver !

Bon recyclage !









vendredi 14 juin 2013

Interlude nord-américain, dernière partie: Montréal

Le Québec étant le vaste territoire qu'il est, son étendue pose toujours le même problème à chacune de nos visites : passerons-nous par Montréal? Faire le grand écart entre le Lac-Saint-Jean et la métropole est une gymnastique que nous n'avons plus tellement envie d'exécuter; nous préférons nous consacrer à l'un ou à l'autre. C'était au tour de Montréal.



Nous avons tenté une expérience, ce tour-ci. Au lieu de fonctionner avec rendez-vous ( et même sans rendez-vous! ) comme nous le faisons toujours, nous avons décidé de rassembler tout le monde dans un 5 à 7 au pub Le Pourvoyeur du Marché Jean-Talon. Seize belles faces ont répondu à notre invitation !  Bières locales, poutine et petites bouchées étaient au menu. Ce sont de beaux brins de jasette que nous nous sommes piqués là. C'était vraiment FORMIDABLE d'être avec tout ce beau monde à la fois.

Réunion d'amies québécoises modernes qui se sont connues à San Francisco !

Gens formidables

J'ai également eu la chance d'avoir 50% de mes soeurs avec moi. Ça aussi, c'était formidable.

Montréal revêt un caractère romantique: ses cafés, ses marchés, ses parcs, ses festivals, son architecture à l'anglaise (oh oui! L'automne dernier, j'étais à Boston, qui m'a rappelée Dublin, qui m'a rappelée Montréal). C'est aussi l'endroit où j'ai terminé mon bac, commencé à enseigner, rencontré Francis... vous connaissez la suite !

Marché Jean-Talon que j'ai-me j'ai-me j'aime !


La scène gastronomique de Montréal est remarquable. Cette fois-ci, nous avons fait bombance chez Joe Beef ainsi que Chez ma grosse truie chérie. Le menu était innovateur et savoureux et le service, empressé. On recommande !

Ce passage « chez nous » nous a fait le plus grand bien. À ce sujet, une amie me demandait récemment quel est l'endroit que je considère comme étant « chez nous. » C'est une excellente question. Même si, techniquement, « chez nous » est l'endroit où nous payons nos impôts, je dois avouer qu'une fois rentrée à Horgen, je n'arrivais pas à penser autre chose que: « Pourquoi sommes-nous ici, déjà? »

J'ai plusieurs « chez nous, » à commencer par Métabet. Chez nous, c'est là où j'ai un attachement envers ces gens, ces lieux qui ont eu (et qui ont encore) une importance significative dans ma vie. C'est lorsque je sens que j'appartiens à un milieu. Cela m'a pris un bon deux ans avant de me sentir chez moi à San Francisco. Voyons le temps que ça prendra pour que la Suisse s'introduise dans mon ADN...



mardi 9 avril 2013

Madame Belles-Dents

Il y a trois semaines, le miroir m'a réflété une bien mauvaise surprise: oh! oh! une dent ébréchée :( Je redoutais ce moment; celui de devoir me magasiner un dentiste qui parle français ou anglais et qui est patient avec des cas comme moi (je suis du genre « gros bébé lala » quand vient le temps d'aller chez le médecin ou le dentiste).

Aussi bébé que je puisse être, je ne laisse par contre jamais traîner des problèmes de dents. J'ai donc commencé mes recherches.

J'avais été informée par une amie que la femme d'un collègue-Google de nos maris était dentiste. Je n'ai donc pas cherché plus loin et je suis franchement bien tombée!

Si vous permettez, je vais faire un historique de mon vécu avec le système dentaire depuis ma naissance. Pendant les 25 premières années de ma vie, je me suis fait traiter par mon dentiste de famille (Claude!!! on l'aime). Mon dentiste m'a toujours complimentée sur mes dents, sur comment j'en prends bien soin et que mes dents vont me suivre toute ma vie, jusque dans mon cercueil. J'avais l'estime de soi dentaire bien haute.

Puis, je suis déménagée aux États-Unis. Une fois installée, je me rends pour un rendez-vous annuel de routine. J'avais dépassé de quelques mois; mon rendez-vous précédent remontait peut-être à 16-17 mois, rien de trop grave. Quand la dentiste a su cela et la fréquence à laquelle je visitais mon dentiste, elle était outrée, pour ne pas dire dégoûtée! À l'écouter me faire la morale, je crois qu'elle se sentait en présence d'une vraie « pas propre. » Pour compenser pour mon manque d'hygiène buccale, je devrais revenir la voir aux trois mois. Je devrais aussi me faire enlever mes dents de sagesse, qui sont très problématiques, d'après elle (Claude a toujours surveillé de très près mes dents de sagesse, et elles étaient parfaites là où elles étaient, c'est-à-dire dans ma bouche).

Je ne suis jamais retournée chez cette dentiste. Mon égo dentaire avait été atteint...

Un an plus tard, je vais voir un second dentiste, encore une fois pour un rendez-vous annuel. Ce dernier me sert la même chanson que la précédente (aller chez le dentiste une fois par année, à quoi puis-je bien penser!) et m'annonce que je dois me faire arracher mes dents de sagesse. Avec mon plus bel anglais et mes plus beaux gants blancs, je lui réponds que je ne suis pas d'accord avec ce qu'il pense et avec la médecine dentaire américaine. Heureusement pour moi, il fait preuve d'ouverture et m'offre de revenir le voir dans quatre mois pour un autre nettoyage et s'il est fier de moi, alors je pourrai espacer mes visites aux six mois (j'ai finalement décidé que de le voir deux fois par année, c'était bien en masse. Et oui, il était fier de moi, car je suis un exemple à suivre en matière de soins buccaux. Tiens, toi!).

Après une consultation en orthodontie, j'ai finalement cru bon de me faire enlever mes dents de sagesse. Ce fut une opération épouvantable: trois heures sur la chaise, j'étais sous intraveineuse, avec un masque à oxyde nitreux et j'ai mal réagi à ce cocktail de médicaments - j'ai littéralement fait un « bad trip. » ( La médecine dentaire américaine est hyper médicalisée; mon dentiste me donnait deux valiums avant un simple rendez-vous pour un nettoyage, pour ne mentionner que cela.)

Une fois le traumatisme passé, mon orthodontiste et mon dentiste ont commencé à fortement me conseiller à me faire poser des broches, car, voyez-vous, j'ai les dents croches, selon eux. Là, c'était trop. Moi qui a toujours cru avoir un beau sourire, j'étais en train de développer des complexes. Je les ai remerciés, en leur disant que j'allais y penser (je pense, je pense... je pense que vous êtes un brin toqués, oui!).

Et me voilà maintenant en Europe...

Mon rendez-vous s'est très bien passé. J'adore ma nouvelle dentiste. Elle m'a réparé ma dent et le tout s'est fait sans douleur et sans aucun produit anesthésiant! Savez-vous ce qu'elle m'a dit à propos de mes dents? Qu'elles sont belles et droites comme des petits soldats! (Fiou! J'ai regagné confiance en ma bouche!) Selon elle, un nettoyage annuel est amplement suffisant (enfin! le gros bon sens...).

J'ai presque hâte à mon prochain rendez-vous! :D


mardi 19 mars 2013

En direct de mon nouvel espace de travail

La semaine dernière, nous avons assisté à des développements considérables dans notre logis. Cela est dû aux cinq bonnes heures que j'ai passées à cet endroit:
IKEA tellement grand que je croyais qu'il allait m'avaler

J'ai acheté toute seule, comme une grande:

  • une base de lit
  • un matelas
  • une table de cuisine
  • des cintres
  • des lampes
  • une perceuse


En plus d'avoir commandé sur Internet:

  • une desserte pour la cuisine
  • une bibliothèque pour le salon
  • le nécessaire pour mon espace de travail


Puisque Francis aime les casse-tête, je lui ai laissé le plaisir d'assembler tout ça pendant la fin de semaine.

«Chez Murielle et Francis en Suisse» prend forme et cela m'excite énormément. J'avais hâte de voir à quoi ressemblerait notre futur petit cocon.  Ce dont je rêvais depuis un moment, c'était d'avoir mon bureau de travail. Je souhaitais avoir mon coin à moi où je pourrais accomplir mes différents projets. J'avais vu à quelque part sur le Web une idée de table de travail qui consistait en deux bibliothèques sur lesquelles reposait une porte. Pour obtenir une hauteur de table de travail adéquate, j'ai dû chercher un moment, mais j'y suis arrivée en superposant deux petites bibliothèques. Pour la surface de travail, j'ai acheté un bout de comptoir. Comme on dit: «j'ai de la place en masse» et mes trucs sont facilement accessibles, rangés à chaque bout de la table. Il me reste maintenant à trouver une chaise à roulette et le tour sera joué.


Je blogue en direct de ma nouvelle table avec un bon thé chaud pour réchauffer cette journée pluvieuse et froide. Voilà, vous avez maintenant une image de «où dans l'univers Murielle est» lorsqu'elle vous écrit. Bonne journée! :o) xxx

lundi 18 mars 2013

Quatre points dont j'ai envie de parler

1) L'eau
Il y a, en Suisse, ce que j'appellerais le paradoxe de l'eau. Dans les cafés et les restos, ton eau, tu la paies. C'est de l'eau minérale embouteillée, gazéifiée ou non. De l'eau du robinet? Je n'en ai pas encore vue. On ne nous en offre pas non plus, ou, du moins, je ne sais pas comment la commander. Ce n'est pas parce que l'eau du robinet n'est pas potable, au contraire. Elle est excellente. La preuve: il y a des fontaines partout dans les rues. Je me lèverais de ma chaise au resto, je sortirais et je n'aurais qu'à marcher quinze pas pour remplir mon verre d'eau. Au lieu de cela, je paie 3.50CHF pour mon précieux liquide. Allez voir...

2) Les écharpes
J'adore les écharpes et les foulards de toutes sortes. Avec le printemps qui se pointe viennent les tissus légers, les couleurs vives et les imprimés audacieux. On les voit dans les vitrines et au cou des femmes et des hommes. 

Et des hommes ?! 

Oui! Des hommes! Les hommes et moi avons les mêmes goûts en matière de carrés de tissu. N'est-ce pas formidable?


3) La cigarette
Ça, ce n'est pas qu'en Suisse, c'est en Europe tout court. Les gens fument, fument, fument. J'ai regardé les statistiques et pourtant, le pourcentage de la population qui fume n'est pas tellement plus élevé qu'au Canada. Ce doit être l'espace plus restreint d'ici qui me donne l'impression de toujours être dans la boucane.

4) Ces lumières qu'on croit nôtres...
Lorsque nous avons eu de l'aide pour nos boîtes, il était tard en soirée. C'était la deuxième fois que nous venions à notre appartement. J'ouvre, j'appuie sur l'interrupteur... rien. C'est alors que notre voisin nous dit: «Ah, oui, en Suisse, les gens arrivent et emportent avec eux leur lumière.» Intéressant. Chez nous, il n'y a donc que dans la salle de bain et la cuisine que la lumière est incluse. Dans le couloir, les chambres à coucher, le salon et la salle à manger, il n'y rien. Non seulement, il n'y a rien, mais il n'y a même pas de sortie de courant qui sort du plafond. Il faudra donc se résoudre à acheter des lampes sur pied ou qu'on fixera au mur. Nous devrons faire preuve de créativité. Jusqu'à jeudi dernier, nous nous éclairions à la chandelle. Romantique, n'est-ce pas? Aussi, je portais ma lampe frontale en permanence à partir de 18h30 jusqu'au coucher. Je faisais très chic avec ma marque d'élastique dans le front lorsque je l'enlèvais. En bref, c'est bien beau, le camping, mais ça commençait à faire!

Par contre, les volets sont inclus. Il s'agit d'un store extérieur qu'on actionne à partir d'une manivelle à l'intérieur. Quand on veut qu'il fasse vraiment noir, on ferme les stores et on n'allume pas les chandelles. Bouuuuuh !

lundi 11 mars 2013

On s'acclimate


L'adaptation à un nouveau pays

Cela fera un mois mercredi que nous sommes arrivés et franchement, les choses se passent très bien. Mieux que ce à quoi nous nous attendions. Non pas que nous étions pessimistes, mais nous nous attendions à avoir plus de mal avec, entre autres, la langue et la jonglerie administrative (Les Suisses ont des formulaires pour tout!). Les gens sont très patients lorsqu'on leur explique que nous apprenons l'allemand. Ils répètent, parlent plus lentement, nous apprennent des mots et plusieurs parlent également l'anglais ou le français.

Bien sûr, il y a des jours où on s'ennuie de la Californie et de notre monde là-bas. Il y a des moments où on se demande pourquoi nous nous donnons tout ce mal à recommencer une vie ailleurs. Puis, nous nous rappelons que nous le faisons pour l'expérience, pour apprendre à nous connaître, pour réaliser et apprécier l'importance des gens dans nos vies.

J'ai beaucoup réfléchi à l'adaptation à un nouveau pays, dernièrement. Ma connaissance en la matière m'a permis de déterminer ce qui, à mon avis, détermine le succès ou non de cette entreprise:


Lorsque je suis arrivée à San Francisco, j'ai oscillé pendant longtemps d'un pôle à l'autre. De grandes vagues de motivation m'amenaient à tout prendre de front, à agir pour mieux me sentir dans ce grand pays. Le hic avec trop de motivation, c'est l'impatience que cela entraîne. Je souhaitais obtenir des résultats rapides à la hauteur de mes efforts, soit très grands. Je me retrouvais alors déçue et je tombais dans une sorte de léthargie. Je me réconfortais en me disant de laisser aller les choses, qu'elles se présenteraient à moi en temps en lieu. Après quelques semaines ou mois où plus rien ne se passait, je réalisais que je devais me prendre en main pour améliorer mon sort. Je repartais alors dans l'autre direction pour une période indéterminée.

Nous avons appris de cette première expérience. Nous abordons la présente avec plus d'équilibre. Nous explorons, découvrons, oui, mais sans partir en peur. Nous restons vigilants afin de ne pas reculer dans l'inaction non plus.

Ah! Trente ans! Tant de sagesse! Haha! C'est formidable...




lundi 25 février 2013

Fermé le dimanche



En Suisse, tous les commerces sont fermés le dimanche. Je sais que cela était coutume au Québec, car je me souviens vaguement de manifestations de la part des travailleurs lorsque la loi modifiant les heures d'ouvertures des commerces est entrée en vigueur (j'ai fait mes recherches, et il s'agit de la loi 59, adoptée en mars 1993. Voilà pour la petite leçon d'histoire).

Ce repos forcé est un peu déboussolant. Tandis que nous sommes à construire notre nid, je sens qu'on m'enlève cette journée précieuse qui nous permettrait de faire les allées des magasins pour nous procurer ce qu'il nous manque. Cela implique d'avoir ce qui faut dans le frigo pour cuisiner ce dont on a envie, alors que normalement, j'aurais profité de cette journée pour stocker le garde-manger pour la semaine. 

Par contre, lorsque j'y pense, je trouve génial d'avoir la chance de ralentir le rythme pour une journée. Cela fait deux dimanches où, faute de pouvoir «être plus efficace et s'avancer dans nos listes de choses à faire,» nous relaxons! Dimanche dernier, il y avait une sorte de carnaval à Horgen (dont je parlerai dans un prochain billet) auquel nous avons assisté. Ce dimanche, nous avons pris la voiture pour récupérer les dernières boîtes qui étaient restées au bureau de Francis et en chemin vers la maison, nous nous sommes trompés de route, alors nous avons décidé d'aller visiter Zug (Zoug en français). Nous sommes allés au seul endroit qui était ouvert: l'église!

Je n'avais pas mon appareil avec moi. Fort heureusement, Francis a pris quelques clichés (merci, Amour!): http://tinyurl.com/dimanchezug

dimanche 24 février 2013

Les copains d'abord


dimanche le 24 février 2013

Il y a à peine 10 jours que nous sommes arrivés que nous pouvons déjà compter sur un bon réseau de connaissances, qui, j'en suis sûre, deviendront des amis. Dès le lendemain de mon anniversaire, nous avons été invités à un souper chez un collègue de Francis et sa femme qui habitent à quelques pas de chez nous. Ils nous ont à leur tour présentés à deux couples d'amis et ensemble, nous avons passé la soirée à discuter, boire et jouer à des jeux de société (sauf pour moi, car j'avais des aiguilles dans les mains…).


Étant des expatriés comme nous, ils comprennent ce que nous vivons et ils sont d'une aide incroyable. Ils nous offrent leurs trucs, leurs bonnes adresses, ils nous expliquent où trouver et comment remplir tel ou tel formulaire, ils nous donnent des meubles, prêtent un matelas, une voiture et nous ont aidé à monter notre festival de boîtes à notre appartement. 

Nous sommes chanceux de les avoir. Cela facilite grandement le casse-tête que l'immigration et l'intégration à un autre pays pose.


Notre nouveau nid prend lentement forme. Il reste plusieurs boîtes à ouvrir, mais nous nous retenons de le faire, faute de rangement où pouvoir placer toutes ces choses. Quelques visites chez IKEA et dans les magasins de meubles usagés s'imposent… rien de plus facile, nous avons une auto! Comme c'est formidable :)  !!!